Les fiançailles avec l’Église, les noces de l’Agneau et le banquet

Eschatologie13 min de lecture

1. Introduction

Le Nouveau Testament présente les fiançailles de l’Église, le mariage de l’Agneau et le festin (banquet) des noces de l’Agneau comme un tableau prophétique unifié de la relation du Christ avec son peuple racheté. En s’appuyant sur le cadre des coutumes nuptiales juives anciennes, l’Écriture révèle un processus en trois étapes qui va du salut présent à la gloire future :

  1. Les fiançailles de l’Église avec Christ
  2. La cérémonie officielle du mariage dans le ciel
  3. Le banquet public des noces, associé au royaume de Christ

Comprendre ces trois étapes clarifie des événements eschatologiques clés comme l’Enlèvement, le tribunal de Christ et le Règne millénaire, et montre comment l’histoire de l’Église culmine dans une union nuptiale avec son Seigneur.

2. Christ et l’Église comme Époux et Épouse

Le langage du mariage est central dans l’eschatologie biblique.

  • Jésus se présente lui‑même à plusieurs reprises comme l’Époux (Mt 9.15 ; 22.2–14 ; 25.1–13 ; Mc 2.19–20 ; Lc 5.34–35).
  • Paul parle de l’Église comme d’une vierge fiancée à Christ :

    « Car je suis jaloux de vous d’une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. »
    2 Corinthiens 11.2

  • Cette relation est développée en Éphésiens 5.25–27, où Christ aime l’Église comme un mari aime sa femme, la purifiant et la sanctifiant en vue d’une glorieuse présentation.
  • La vision culminante se trouve en Apocalypse 19.7–9 :

    « Réjouissons‑nous, soyons dans l’allégresse et donnons‑lui gloire,
    car les noces de l’Agneau sont venues,
    son épouse s’est préparée,
    et il lui a été donné de se revêtir d’un fin lin éclatant et pur. »
    Car le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints.
    L’ange me dit : « Écris : Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l’Agneau ! »
    Apocalypse 19.7–9

Lus à la lumière des coutumes de mariage juives, ces textes soutiennent un schéma en trois étapes : fiançailles, venue de l’époux et cérémonie de mariage, puis festin de noces.

3. Première étape : Les fiançailles de l’Église (temps présent et Enlèvement)

3.1 Les fiançailles dans la coutume juive

Dans le judaïsme du premier siècle, les fiançailles étaient bien plus qu’une simple promesse de mariage ; c’était une alliance matrimoniale contraignante :

  • Un contrat légal et un prix pour la fiancée (dot) étaient convenus (Mal 2.14 ; Mt 1.18–19).
  • À partir de ce moment, la fiancée appartenait exclusivement à l’époux, même si le mariage n’était pas encore consommé.
  • S’ensuivait une période de séparation, généralement d’environ un an, durant laquelle :
    • L’époux préparait une demeure dans la maison de son père.
    • La fiancée se préparait dans la pureté pour son futur mari.

3.2 Application à Christ et à l’Église

Le Nouveau Testament utilise cet arrière‑plan pour décrire les fiançailles actuelles de l’Église avec Christ :

  • Alliance et achat : Les croyants ont été « rachetés à un grand prix » (1 Co 6.20) — le sang de Christ (1 Pi 1.18–19).
  • Langage des fiançailles : Paul « fiance » l’Église à un seul époux (2 Co 11.2), et Éphésiens 5.25–27 présente l’amour sacrificiel de Christ comme le fondement de cette relation d’alliance.
  • Temps de séparation : Christ est monté dans la maison du Père, tandis que l’Église demeure sur la terre :

    « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père… Je vais vous préparer une place. Et, lorsque je m’en serai allé et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. »
    Jean 14.2–3

Pendant cet âge de l’Église :

  • Les fiançailles se poursuivent, au fur et à mesure que des personnes sont sauvées et ajoutées à la fiancée de Christ.
  • L’Église est appelée à vivre dans la pureté et la fidélité, comme une vierge qui se garde pour son futur mari (2 Co 11.3 ; Jc 4.4).

3.3 L’Enlèvement comme sommet des fiançailles

Dans les mariages juifs, le moment clé de transition des fiançailles au mariage était la venue surprise de l’époux pour prendre la fiancée et la conduire dans la maison de son père (cf. Mt 25.1–13). Cela trouve son équivalent prophétique dans l’Enlèvement de l’Église :

« Car le Seigneur lui‑même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs… »
1 Thessaloniciens 4.16–17

Au moment de l’Enlèvement :

  • L’Époux vient chercher son épouse.
  • L’Église est retirée de la terre et emmenée dans la maison du Père, dans le ciel (Jn 14.3).
  • La phase des fiançailles cède la place aux préparatifs du mariage de l’Agneau.

Ainsi, dans un sens prophétique, les fiançailles couvrent tout l’âge de l’Église, et culminent dans l’Enlèvement, lorsque Christ revendique officiellement son épouse.

4. Deuxième étape : Le mariage de l’Agneau (cérémonie céleste)

4.1 Moment du mariage de l’Agneau

Le mariage de l’Agneau est présenté en Apocalypse 19.7–8 comme une réalité déjà accomplie juste avant le Second Avènement glorieux de Christ (Ap 19.11–16). Plusieurs éléments indiquent son moment :

  • L’épouse est déjà dans le ciel, vêtue de « fin lin, éclatant et pur », défini comme « les œuvres justes des saints » (Ap 19.8).
  • Cela suppose que le tribunal de Christ (bêma) a déjà eu lieu, là où les œuvres des croyants sont examinées et récompensées (Rm 14.10 ; 2 Co 5.10 ; 1 Co 3.10–15).
  • Le temps aoriste de l’expression « les noces de l’Agneau sont venues » pointe vers un événement accompli au moment où la proclamation céleste est faite.

Dans une lecture dispensationaliste et pré‑tribulationniste :

  1. L’Enlèvement transporte l’Église au ciel avant la Tribulation.
  2. Dans le ciel, l’Église comparaît devant le tribunal de Christ, ce qui aboutit à la préparation de l’épouse en « fin lin ».
  3. Après cette évaluation, mais avant le retour visible de Christ, a lieu la cérémonie de mariage de l’Agneau dans le ciel.

4.2 Nature du mariage de l’Agneau

Dans le modèle juif, l’essence du mariage était :

  • L’époux prenant la fiancée dans la maison de son père.
  • La union et la présentation officielles de la fiancée comme étant pleinement à lui.

Appliqué à Christ et à l’Église :

  • Le mariage est la union céleste formelle de Christ et de son Église fiancée, après sa purification et sa récompense.
  • L’Église est présentée à Christ dans une gloire sans tache :

    « Afin de faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable. »
    Éphésiens 5.27

À ce stade :

  • La relation promise pendant les fiançailles est consommée au sens légal et spirituel.
  • L’Église se tient désormais à jamais comme l’Épouse de l’Agneau, prête à partager son règne (Ap 3.21 ; 19.14).

5. Troisième étape : Le festin des noces de l’Agneau (le banquet)

5.1 Le festin des noces dans l’Écriture

Le festin des noces de l’Agneau est mentionné explicitement en Apocalypse 19.9 :

« Heureux ceux qui sont invités au festin des noces de l’Agneau ! »
Apocalypse 19.9

Ce motif du banquet fait écho :

  • Aux festins du royaume annoncés dans l’Ancien Testament (És 25.6–8).
  • Aux paraboles de Jésus sur les banquets de noces (Mt 22.1–14 ; 25.10 ; Lc 12.36–37 ; 14.16–24).
  • Aux festins de joie qui suivaient les mariages juifs, et qui duraient souvent sept jours ou plus (Gn 29.21–28 ; Jg 14.10–12).

Le festin des noces se distingue de la cérémonie de mariage :

  • Le mariage de l’Agneau : l’union de Christ avec l’Église dans le ciel.
  • Le festin des noces de l’Agneau : un banquet de célébration avec des invités conviés.

5.2 Lieu et moment : principales options

Dans un cadre eschatologique prémillénariste et dispensationaliste, deux grandes positions sont défendues, tout en gardant la même séquence de base (fiançailles → Enlèvement → mariage dans le ciel → banquet associé au royaume) :

  1. Banquet céleste pendant la Tribulation (la “semaine de noces” de sept ans)

    • La cérémonie de mariage et le festin des noces ont tous deux lieu dans le ciel, entre l’Enlèvement et le Second Avènement.
    • Les sept années de Tribulation correspondent symboliquement aux sept jours de fête nuptiale.
    • L’Église célèbre avec Christ dans le ciel, tandis que le jugement s’abat sur la terre.
  2. Banquet terrestre au début du Millénium

    • La cérémonie de mariage a lieu dans le ciel avant le Second Avènement (comme ci‑dessus).
    • Le festin des noces se déroule sur la terre après le retour de Christ, inaugurant le Règne millénaire.
    • Israël et les nations rachetées sont considérés comme les invités au banquet, tandis que l’Église est la fiancée présentée publiquement aux « amis » du Seigneur (cf. Mt 8.11 ; 22.1–14 ; 25.1–13 ; Lc 13.28–29).
    • L’image du banquet s’étend alors à l’ensemble de l’ère millénaire, comme une célébration prolongée du Roi et de son épouse.

Ces deux approches s’accordent sur l’essentiel :

  • La fiancée est l’Église, non l’ensemble des croyants de tous les temps (Rm 7.4 ; 2 Co 11.2 ; Ép 5.25–32).
  • Les invités au festin des noces sont des saints rachetés qui ne font pas partie de l’Église (croyants de l’Ancien Testament et saints de la Tribulation), qui ont le privilège de participer à la célébration sans être pour autant l’épouse.
  • Le banquet marque l’honneur public rendu à l’Agneau et à son épouse devant tous les rachetés.

5.3 Portée théologique du banquet

Le festin des noces de l’Agneau signifie :

  • La justification publique et la glorification de Christ en tant qu’Époux‑Roi.
  • La manifestation de la beauté de l’Église, entièrement dérivée de sa grâce (« le fin lin, ce sont les œuvres justes des saints », Ap 19.8).
  • La pleine jouissance de la communion du royaume — festin, joie et communion ininterrompue avec Christ.
  • Le début (ou la phase initiale) de la vie éternelle ensemble dans le royaume manifesté, débouchant finalement sur les nouveaux cieux et la nouvelle terre, où « l’Épouse, la femme de l’Agneau » est vue pour toujours (Ap 21.9–10).

6. Pourquoi ces trois étapes sont importantes pour les croyants

Comprendre le schéma fiançailles – mariage – banquet n’est pas un simple exercice théorique ; cela façonne l’espérance et la sainteté chrétiennes.

  1. Les fiançailles motivent la pureté

    • En tant qu’épouse fiancée, l’Église doit garder sa fidélité à Christ et rejeter l’adultère spirituel (2 Co 11.2–3 ; Jc 4.4).
    • Les croyants se préparent dès maintenant à leur future présentation en recherchant la sainteté (1 Jn 3.2–3).
  2. La cérémonie nuptiale future assure notre destinée

    • Le mariage de l’Agneau garantit que l’avenir de l’Église n’est pas incertain : il s’agit d’une alliance scellée qui sera consommée dans la gloire.
    • Le tribunal de Christ, bien que solennel, fait partie de la préparation aimante de l’épouse par son Seigneur.
  3. Le festin des noces entretient l’espérance de la joie

    • Le festin des noces de l’Agneau promet un avenir d’allégresse débordante et de célébration dans le royaume de Dieu.
    • La souffrance présente est passagère ; le dernier mot appartient au festin, à la communion et à la gloire avec l’Époux.

7. Conclusion

L’eschatologie biblique présente l’avenir de l’Église dans le langage d’un mariage :

  • Fiançailles : Dans l’époque actuelle, tous ceux qui se confient en Christ sont unis à lui par une alliance contraignante et mis à part comme sa fiancée, dans l’attente de son retour.
  • Mariage de l’Agneau : Après l’Enlèvement et le tribunal de Christ, l’Église sera officiellement et glorieusement unie à Christ dans le ciel, revêtue des œuvres justes produites par sa grâce.
  • Festin des noces de l’Agneau : Cette union sera ensuite célébrée publiquement dans un grand banquet du royaume, avec Israël racheté et les nations comme invités d’honneur, tandis que Christ et son épouse entrent dans leur règne.

Ce schéma en trois étapes, enraciné dans les coutumes nuptiales juives et déployé dans l’Écriture, montre que le but ultime du parcours de l’Église n’est pas simplement la survie ou l’évasion, mais un mariage, une union et un festin. L’Époux s’est engagé ; l’épouse est en cours de préparation ; et le jour vient où le ciel retentira : « Réjouissons‑nous, soyons dans l’allégresse et donnons‑lui gloire, car les noces de l’Agneau sont venues » (Ap 19.7).

FAQ

Q : Qu’est‑ce que le « mariage de l’Agneau » dans Apocalypse 19 ?

Le mariage de l’Agneau est l’union céleste officielle de Jésus‑Christ (l’Agneau) avec son Église, décrite en Apocalypse 19.7–8. Il a lieu après l’Enlèvement et le tribunal de Christ, lorsque l’Église, purifiée et récompensée, est présentée à Christ comme son épouse sans tache.

Q : Quel est le lien entre les fiançailles de l’Église avec Christ et l’Enlèvement ?

L’Église est fiancée à Christ tout au long de l’ère présente, au fur et à mesure que des personnes sont sauvées et unies à lui (2 Co 11.2). L’Enlèvement est le moment culminant où l’Époux céleste vient prendre son épouse fiancée de la terre pour l’emmener dans la maison du Père (Jn 14.1–3 ; 1 Th 4.16–17), marquant la transition des fiançailles vers la cérémonie de mariage dans le ciel.

Q : Qu’est‑ce que le festin des noces de l’Agneau ?

Le festin des noces de l’Agneau (Ap 19.9) est le grand banquet de mariage qui célèbre l’union de Christ et de son Église. Il comprend des invités conviés — des saints rachetés qui ne font pas partie de l’Église — et il est associé à l’inauguration du royaume de Christ. Selon la position adoptée, on le situe soit dans le ciel pendant la Tribulation, soit sur la terre au début du Millénium.

Q : Qui sont « l’épouse » et les « invités » au festin des noces de l’Agneau ?

L’épouse est l’Église, c’est‑à‑dire l’ensemble des croyants depuis la Pentecôte jusqu’à l’Enlèvement (Rm 7.4 ; Ép 5.25–27 ; Ap 19.7–8). Les invités au festin des noces sont des rachetés qui ne font pas partie de l’Église — comme les saints de l’Ancien Testament et les croyants de la Tribulation — qui ont le privilège de participer à la célébration (Ap 19.9).

Q : Pourquoi la doctrine du mariage de l’Agneau est‑elle importante pour les chrétiens aujourd’hui ?

Cette doctrine révèle aux croyants leur identité (épouse fiancée), leur avenir (union certaine avec Christ) et leur espérance (un festin de joie dans le royaume). Elle encourage à la sainteté, à la persévérance et à l’attente confiante, car les chrétiens vivent dès maintenant à la lumière des fiançailles accomplies, du mariage consommé et du banquet célébré avec l’Agneau.

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Questions Fréquentes

Q : Qu’est‑ce que le « mariage de l’Agneau » dans Apocalypse 19?
Le **mariage de l’Agneau** est l’union céleste officielle de Jésus‑Christ (l’Agneau) avec son Église, décrite en *Apocalypse 19.7–8*. Il a lieu après l’Enlèvement et le tribunal de Christ, lorsque l’Église, purifiée et récompensée, est présentée à Christ comme son épouse sans tache.
Q : Quel est le lien entre les fiançailles de l’Église avec Christ et l’Enlèvement?
L’Église est **fiancée** à Christ tout au long de l’ère présente, au fur et à mesure que des personnes sont sauvées et unies à lui (*2 Co 11.2*). **L’Enlèvement** est le moment culminant où l’Époux céleste vient prendre son épouse fiancée de la terre pour l’emmener dans la maison du Père (*Jn 14.1–3 ; 1 Th 4.16–17*), marquant la transition des fiançailles vers la cérémonie de mariage dans le ciel.
Q : Qu’est‑ce que le festin des noces de l’Agneau?
Le **festin des noces de l’Agneau** (*Ap 19.9*) est le grand **banquet de mariage** qui célèbre l’union de Christ et de son Église. Il comprend des invités conviés — des saints rachetés qui ne font pas partie de l’Église — et il est associé à l’inauguration du royaume de Christ. Selon la position adoptée, on le situe soit dans le ciel pendant la Tribulation, soit sur la terre au début du Millénium.
Q : Qui sont « l’épouse » et les « invités » au festin des noces de l’Agneau?
L’**épouse** est l’**Église**, c’est‑à‑dire l’ensemble des croyants depuis la Pentecôte jusqu’à l’Enlèvement (*Rm 7.4 ; Ép 5.25–27 ; Ap 19.7–8*). Les **invités** au festin des noces sont des rachetés qui ne font pas partie de l’Église — comme les saints de l’Ancien Testament et les croyants de la Tribulation — qui ont le privilège de participer à la célébration (*Ap 19.9*).
Q : Pourquoi la doctrine du mariage de l’Agneau est‑elle importante pour les chrétiens aujourd’hui?
Cette doctrine révèle aux croyants leur **identité** (épouse fiancée), leur **avenir** (union certaine avec Christ) et leur **espérance** (un festin de joie dans le royaume). Elle encourage à la sainteté, à la persévérance et à l’attente confiante, car les chrétiens vivent dès maintenant à la lumière des **fiançailles accomplies, du mariage consommé et du banquet célébré** avec l’Agneau.

L. A. C.

Théologien spécialisé en eschatologie, engagé à aider les croyants à comprendre la Parole prophétique de Dieu.

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