La mort et l’incrédule

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1. Introduction

La mort et l’incrédule est l’un des thèmes les plus solennels de l’eschatologie biblique. L’Écriture enseigne que chaque personne mourra une fois, puis fera face au jugement :

« Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. »
Hébreux 9.27

La Bible rejette à la fois l’annihilationnisme (l’idée que l’incrédule cesse d’exister) et l’universalisme (l’idée que tous seront finalement sauvés). Elle présente au contraire une séquence cohérente : mort spirituelle dans cette vie, existence consciente après la mort physique, résurrection future, jugement final et séparation éternelle d’avec Dieu dans la « seconde mort ».

Cet article explique, de manière ciblée, ce qui arrive aux incrédules à la mort et après la mort, en retraçant leur destinée depuis le moment du décès jusqu’à l’éternité.

2. La mort comme séparation, non comme annihilation

2.1 Trois formes de mort

L’eschatologie biblique distingue trois formes de mort, toutes particulièrement importantes pour comprendre le sort de l’incrédule :

  1. La mort spirituelle – séparation présente d’avec Dieu dans cette vie (Ép 2.1).
  2. La mort physique – séparation du corps et de l’âme/esprit (Jc 2.26 ; Ec 12.7).
  3. La seconde mort – séparation éternelle et consciente d’avec Dieu dans l’étang de feu (Ap 20.14–15).

Dans ces trois cas, l’idée centrale est la séparation, et non l’extinction. Comme il est dit à propos de Rachel : « comme son âme s’en allait, car elle mourait » (Gn 35.18). Son âme continuait d’exister, bien que séparée de son corps.

2.2 La réalité universelle de la mort

À cause du péché d’Adam, la mort est la destinée universelle de l’humanité :

« Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a atteint tous les hommes, parce que tous ont péché. »
Romains 5.12

Aucun incrédule ne peut échapper à la mort physique, sauf s’il se trouve vivant à un moment eschatologique unique (que l’Écriture réserve à certains croyants, non aux incrédules). La mort est un ennemi (1 Co 15.26), mais pour l’incrédule elle demeure un ennemi jamais vaincu, qui conduit directement au jugement divin.

3. L’état de l’incrédule au moment de la mort

3.1 Une condition spirituelle emportée dans l’éternité

Tous ceux qui sont sans Christ sont déjà spirituellement morts :

« Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois. »
Éphésiens 2.1–2

Si une personne meurt dans cet état de mort spirituelle, sa condition est fixée pour toujours. Il n’existe aucun fondement biblique à l’idée d’une seconde chance après la mort. Au contraire :

« À la mort de l’impie, son espoir périt. »
Proverbes 11.7

Ceux qui meurent dans l’incrédulité passent de la mort spirituelle temporaire à la mort éternelle – la réalisation pleine et irréversible de leur séparation d’avec Dieu.

3.2 Une reddition de comptes immédiate devant Dieu

La mort n’est ni une transition neutre, ni un repos paisible dans l’oubli. L’incrédule passe aussitôt de la vie terrestre à une reddition de comptes directe devant Dieu. Hébreux associe étroitement la mort et le jugement (Hé 9.27). Jésus avertit :

« Craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. »
Matthieu 10.28

« Faire périr » ne signifie pas anéantir ; Jésus met en contraste la capacité des hommes de tuer le corps avec l’autorité de Dieu sur l’âme et le corps dans la géhenne, indiquant une existence continue sous le jugement.

4. L’état intermédiaire de l’incrédule (Hadès)

4.1 Existence consciente dans l’Hadès

Quand un incrédule meurt physiquement, son corps retourne à la poussière (Gn 3.19), mais son âme ne cesse pas d’exister. Le récit de Jésus sur l’homme riche et Lazare (Lc 16.19–31) est la fenêtre la plus claire sur l’état intermédiaire de l’incrédule.

« Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux, tandis qu’il était en proie aux tourments… »
Luc 16.22–23

Plusieurs vérités essentielles se dégagent :

  • L’homme riche demeure conscient (« il leva les yeux »).
  • Il éprouve des tourments (Lc 16.23–24).
  • Il conserve mémoire, conscience et préoccupations (Lc 16.27–28).
  • Un grand abîme fixe sépare le lieu de consolation du lieu de tourment (Lc 16.26), excluant tout passage ou toute évasion.

Ainsi, après la mort et avant le jugement final, les incrédules sont gardés dans l’Hadès, lieu temporaire de châtiment et de misère consciente. Ce n’est pas encore l’étang de feu final, mais c’est un lieu de souffrance réelle et de séparation d’avec la présence bienveillante de Dieu.

4.2 Aucune seconde chance, aucun purgatoire

Il n’est offert à l’homme riche aucune possibilité de repentance après la mort, seulement la reconnaissance de la justice de sa condition et de la nécessité pour ses frères vivants d’écouter la Parole de Dieu (Lc 16.27–31). L’Écriture n’enseigne nulle part :

  • Un purgatoire (un état postmortem temporaire de purification), ni
  • Une évangélisation universelle après la mort débouchant sur le salut.

Au contraire, l’eschatologie biblique affirme que la destinée de l’incrédule est scellée à la mort. L’état intermédiaire est un avant-goût du jugement final, non une période d’épreuve ou de rattrapage.

5. Résurrection, jugement et seconde mort

L’état intermédiaire n’est pas la fin. Les incrédules, comme les croyants, connaîtront une résurrection corporelle – mais en vue du jugement.

5.1 La résurrection de l’incrédule

Jésus résume le double aboutissement de la résurrection :

« Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. »
Jean 5.29

Les morts incrédules seront ressuscités corporellement à la conclusion de l’histoire pour se tenir devant le trône de Dieu. Leur résurrection n’apporte pas la bénédiction, mais leur donne le corps adapté à un châtiment éternel.

5.2 Le jugement devant le grand trône blanc

Apocalypse 20 décrit le jugement culminant des perdus :

« Et je vis les morts, les grands et les petits, debout devant le trône… Les morts furent jugés selon leurs œuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres… Quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu. »
Apocalypse 20.12, 15

Éléments clés concernant l’incrédule :

  • Universalité – « les morts, les grands et les petits » (toutes conditions et tous statuts).
  • Responsabilité individuelle – jugés « selon leurs œuvres ».
  • Absence du livre de vie – preuve qu’ils n’ont jamais appartenu à Christ.
  • Sentence finale – jetés dans « l’étang de feu ».

5.3 La seconde mort : destinée éternelle de l’incrédule

L’Apocalypse est explicite :

« Puis la mort et le séjour des morts furent jetés dans l’étang de feu. C’est la seconde mort, l’étang de feu. »
Apocalypse 20.14

Et encore :

« Quant… aux incrédules… leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. »
Apocalypse 21.8

La seconde mort est :

  • Éternelle – il n’y a aucun indice de fin ni de libération.
  • Consciente – « tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles » (Ap 20.10, par analogie avec le sort de Satan).
  • Totale dans sa portée – impliquant à la fois l’âme et le corps (Mt 10.28).
  • Relationnelle – « loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force » (2 Th 1.9), c’est‑à‑dire exclue pour toujours de la présence aimante et bénissante de Dieu.

Il s’agit de l’état final et irréversible de tous ceux qui meurent dans l’incrédulité.

6. Séquence de l’expérience de l’incrédule

Pour plus de clarté, les données bibliques sur le destin de l’incrédule peuvent être résumées sous forme de séquence :

ÉtapeDescriptionTextes clés
1. Vie présenteMort spirituelle, vie dans le péché, sous la colère de DieuÉp 2.1–3 ; Jn 3.36
2. Mort physiqueSéparation du corps et de l’âme ; l’espérance de l’impie péritEc 12.7 ; Pr 11.7
3. État intermédiaire (Hadès)Tourment conscient, sans échappatoire, en attente du jugement finalLc 16.23–26
4. Résurrection des injustesÂme réunie à un corps adapté au jugement éternelJn 5.29 ; Ap 20.12–13
5. Jugement du grand trône blancÉvaluation personnelle selon les œuvres ; absence du livre de vieAp 20.11–15
6. Seconde mort (étang de feu)Châtiment éternel et conscient ; séparation complète et définitive de la faveur de DieuAp 20.14–15 ; 21.8 ; 2 Th 1.8–9

Cette séquence montre que la mort n’abolit pas la responsabilité ; elle ferme la porte à la miséricorde et ouvre pleinement celle de la justice.

7. Implications théologiques et pratiques

7.1 Le sérieux de l’incrédulité

Même si les incrédules bénéficient de la grâce commune dans cette vie – nourriture, relations, beauté, opportunités (Mt 5.45 ; Ro 2.4) – le rejet de la bonté de Dieu a des conséquences :

« Par ton endurcissement et par ton cœur impénitent, tu t’amasses un trésor de colère pour le jour de la colère et de la manifestation du juste jugement de Dieu. »
Romains 2.5

Vivre dans une incrédulité persistante, c’est accumuler du jugement, qui sera pleinement révélé au dernier jour.

7.2 Pas de ciel automatique

Contrairement à l’opinion populaire, le ciel n’est pas la destination par défaut de tous ceux qui meurent. Le schéma normal et redoutable pour l’incrédule est :

  • Mort spirituelle maintenant
  • Mort physique plus tard
  • Mort éternelle (seconde mort) pour toujours

Seuls ceux dont le nom est écrit dans le livre de vie échappent à la seconde mort (Ap 20.15). L’Écriture situe constamment la destinée éternelle de l’incrédule en enfer, non au ciel.

7.3 Le châtiment éternel correspond à la gravité du péché

Du point de vue biblique, l’éternité du châtiment correspond :

  • À la sainteté infinie du Dieu offensé.
  • À la fixité de l’état du pécheur au moment de sa mort.
  • À la rébellion continue du cœur, qui n’est jamais décrite comme se repentant en enfer.

Le sort de l’incrédule à la mort n’est donc pas arbitraire, mais le résultat juste d’une vie persévérant loin de Dieu et de son provision salvatrice en Christ.

8. Conclusion

L’eschatologie biblique offre un tableau à la fois sobre et cohérent de la mort et de l’incrédule :

  • Dans cette vie, les incrédules sont spirituellement morts, séparés de Dieu par le péché.
  • À la mort physique, leur âme est séparée de leur corps, leur espérance s’évanouit et leur destinée est fixée.
  • Dans l’état intermédiaire, ils connaissent un tourment conscient dans l’Hadès, sans possibilité d’évasion ni de repentance.
  • À la fin, ils sont ressuscités corporellement, jugés selon leurs œuvres, trouvés en dehors du livre de vie, et jetés dans l’étang de feu, qui est la seconde mort – séparation éternelle et consciente d’avec la présence bienveillante de Dieu.

La mort n’est donc pas une sortie hors de la responsabilité, mais la porte solennelle vers le jugement final pour l’incrédule. Cette doctrine met en lumière à la fois la justice de Dieu et l’urgence de répondre à sa grâce dans cette vie, « avant que les mauvais jours arrivent » (Ec 12.1). Ce qui arrive à l’incrédule à la mort est déterminé par ce qui se passe avant la mort – selon qu’il persiste dans l’incrédulité ou qu’il se tourne vers la provision de Dieu en Jésus‑Christ.

FAQ

Q : Les incrédules vont‑ils directement en enfer lorsqu’ils meurent ?

Selon l’Écriture, les incrédules qui meurent vont immédiatement dans l’Hadès, un lieu temporaire de tourment conscient (Lc 16.23). Leur destination finale – l’étang de feu, ou la « seconde mort » – intervient après la résurrection et le jugement devant le grand trône blanc (Ap 20.11–15).

Q : Existe‑t‑il une seconde chance de salut après la mort pour les incrédules ?

Non. La Bible enseigne de manière constante que la destinée éternelle d’une personne est scellée à la mort. Des versets comme Hébreux 9.27 et Proverbes 11.7 montrent qu’après la mort vient le jugement et que l’espérance de l’impie périt, sans la moindre indication d’une repentance ou d’une conversion après la mort.

Q : Qu’est‑ce que la « seconde mort » pour les incrédules ?

La seconde mort est l’état final et éternel des perdus dans l’étang de feu (Ap 20.14–15 ; 21.8). Il ne s’agit pas d’anéantissement, mais d’une séparation consciente et sans fin d’avec la présence bienveillante de Dieu, impliquant à la fois l’âme et le corps ressuscité (Mt 10.28).

Q : Les incrédules sont‑ils conscients après la mort ?

Oui. La description faite par Jésus de l’homme riche dans l’Hadès le montre pleinement conscient, lucide, en proie aux tourments et capable de se souvenir (Lc 16.23–25). La Bible n’enseigne pas un « sommeil de l’âme » inconscient pour l’incrédule ; elle enseigne une existence consciente continue sous le jugement.

Q : Pourquoi le sort des incrédules après la mort est‑il éternel et non temporaire ?

L’éternité du châtiment reflète la sainteté et la justice de Dieu, la fixité de l’état du pécheur à la mort, et l’absence de tout enseignement biblique sur une libération éventuelle de l’enfer. Des passages comme Matthieu 25.46 (« un châtiment éternel ») et Apocalypse 20.10 (« aux siècles des siècles ») indiquent que le sort des incrédules est éternel, non limité ni réparateur.

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Questions Fréquentes

Q : Les incrédules vont‑ils directement en enfer lorsqu’ils meurent?
Selon l’Écriture, les incrédules qui meurent vont immédiatement dans **l’Hadès**, un lieu temporaire de tourment conscient (*Lc 16.23*). Leur destination finale – **l’étang de feu**, ou la « seconde mort » – intervient après la résurrection et le jugement devant le grand trône blanc (*Ap 20.11–15*).
Q : Existe‑t‑il une seconde chance de salut après la mort pour les incrédules?
Non. La Bible enseigne de manière constante que la destinée éternelle d’une personne est **scellée à la mort**. Des versets comme *Hébreux 9.27* et *Proverbes 11.7* montrent qu’après la mort vient le jugement et que l’espérance de l’impie périt, sans la moindre indication d’une repentance ou d’une conversion après la mort.
Q : Qu’est‑ce que la « seconde mort » pour les incrédules?
La **seconde mort** est l’état final et éternel des perdus dans l’**étang de feu** (*Ap 20.14–15 ; 21.8*). Il ne s’agit pas d’anéantissement, mais d’une séparation consciente et sans fin d’avec la présence bienveillante de Dieu, impliquant à la fois l’âme et le corps ressuscité (*Mt 10.28*).
Q : Les incrédules sont‑ils conscients après la mort?
Oui. La description faite par Jésus de l’homme riche dans l’Hadès le montre pleinement **conscient, lucide, en proie aux tourments et capable de se souvenir** (*Lc 16.23–25*). La Bible n’enseigne pas un « sommeil de l’âme » inconscient pour l’incrédule ; elle enseigne une existence consciente continue sous le jugement.
Q : Pourquoi le sort des incrédules après la mort est‑il éternel et non temporaire?
L’éternité du châtiment reflète la **sainteté et la justice de Dieu**, la **fixité de l’état du pécheur à la mort**, et l’absence de tout enseignement biblique sur une libération éventuelle de l’enfer. Des passages comme *Matthieu 25.46* (« un châtiment éternel ») et *Apocalypse 20.10* (« aux siècles des siècles ») indiquent que le sort des incrédules est **éternel**, non limité ni réparateur.

L. A. C.

Théologien spécialisé en eschatologie, engagé à aider les croyants à comprendre la Parole prophétique de Dieu.

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