Qu’est-ce que l’enfer ?

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1. Introduction

L’enfer est l’une des doctrines les plus solennelles et les plus débattues de la théologie chrétienne. La question « Qu’est-ce que l’enfer ? » a des implications profondes pour notre compréhension de la justice de Dieu, de la destinée humaine et de l’urgence du message de l’Évangile. Malgré les tentatives contemporaines pour adoucir, redéfinir ou nier cette doctrine, l’Écriture présente l’enfer comme une réalité terrifiante : un lieu de châtiment éternel et conscient pour ceux qui rejettent l’offre de salut de Dieu en Jésus-Christ.

L’enseignement biblique sur l’enfer n’est ni périphérique ni obscur. Jésus-Christ lui-même a parlé davantage de l’enfer que du ciel, utilisant un langage vif et sans équivoque pour avertir les hommes de ses horreurs. Les apôtres ont poursuivi ce même enseignement, et le livre de l’Apocalypse offre les descriptions les plus détaillées de la nature éternelle de l’enfer. Comprendre ce que la Bible dit de l’enfer est essentiel pour saisir l’ensemble du caractère de Dieu, la gravité du péché et la grandeur du salut.

2. Les termes bibliques pour l’enfer

L’Écriture emploie plusieurs termes différents pour décrire le lieu du châtiment éternel, chacun contribuant à notre compréhension de la nature et des caractéristiques de l’enfer.

Shéol et Hadès

Le mot hébreu de l’Ancien Testament shéol apparaît 65 fois et peut signifier « tombeau » ou désigner le séjour des morts, le royaume des esprits défunts. Les traducteurs de la Septante l’ont généralement rendu par hadès en grec. Si ces termes signifient parfois simplement « tombe », ils désignent souvent quelque chose allant au-delà de l’ensevelissement physique : un lieu d’existence consciente après la mort.

Le Psaume 9.17 (9.18 selon certaines numérotations) déclare :

« Les méchants se tournent vers le séjour des morts,
toutes les nations qui oublient Dieu. » — Psaume 9.17

Dans Luc 16.23, le riche se trouve dans le hadès, « en proie aux tourments », montrant que l’hadès implique une souffrance consciente, et non la simple inexistence.

Géhenne

Le terme néotestamentaire le plus significatif pour l’enfer est géhenne (grec), utilisé douze fois, dont onze par Jésus lui-même. Ce mot vient de « Gué-Hinnom » (vallée de Hinnom), un ravin au sud de Jérusalem où les Israélites commirent l’abomination des sacrifices d’enfants à Moloc (2 Rois 23.10 ; Jérémie 7.31). Le roi Josias profana plus tard ce lieu, qui devint la décharge de Jérusalem, où des feux brûlaient continuellement et où les vers consumaient les ordures.

Jésus emploie intentionnellement cette image frappante :

« Il vaut mieux pour toi entrer dans le royaume de Dieu avec un seul œil,
que d’avoir deux yeux et d’être jeté dans la géhenne,
où leur ver ne meurt point,
et où le feu ne s’éteint point. » — Marc 9.47‑48 (cf. Ésaïe 66.24)

Par cette citation d’Ésaïe 66.24, il est clair que la géhenne ne désigne pas simplement une vallée littérale, mais le lieu du châtiment éternel.

Tartare et Abîme

Deuxième Épître de Pierre 2.4 utilise le verbe lié à tartarus (c’est l’unique occurrence de ce terme dans l’Écriture) pour décrire le lieu où Dieu a précipité des anges pécheurs, les « gardant dans des chaînes d’obscurité, en vue du jugement ». Il s’agit apparemment d’un lieu spécial de détention pour certains anges déchus coupables de péchés particulièrement graves.

L’Abîme (grec : abyssos) apparaît comme une prison pour les démons (Luc 8.31 ; Apocalypse 9.1‑2) et comme le lieu de l’emprisonnement temporaire de Satan durant le Millénium (Apocalypse 20.1‑3).

L’étang de feu

Le lieu ultime et permanent du châtiment est appelé l’étang de feu. Ce terme apparaît cinq fois dans l’Apocalypse (19.20 ; 20.10, 14‑15 ; 21.8). Actuellement, personne n’y réside encore. La Bête et le Faux Prophète en seront les premiers occupants (Apocalypse 19.20), suivis de Satan après sa rébellion finale (Apocalypse 20.10), puis finalement de tous ceux dont le nom ne sera pas trouvé écrit dans le livre de vie (Apocalypse 20.15). L’étang de feu représente l’état final et éternel du châtiment — ce que la Bible appelle « la seconde mort ».

3. La nature et les caractéristiques de l’enfer

L’Écriture donne des descriptions détaillées des caractéristiques effrayantes de l’enfer, montrant clairement qu’il s’agit d’un lieu de souffrances inimaginables.

Feu éternel et flamme inextinguible

L’enfer est constamment décrit comme un lieu de feu. Jésus avertit au sujet du

« feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » — Matthieu 25.41

et du « four ardent » où « il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Matthieu 13.42). Il parle de la géhenne « où le feu ne s’éteint point » (Marc 9.48).

Que ce feu soit littéral ou qu’il symbolise la colère de Dieu, la réalité qu’il représente est terrifiante. L’Écriture associe à maintes reprises le feu au jugement de Dieu :

« Notre Dieu est un feu dévorant. » — Hébreux 12.29

« Sa fureur se répand comme le feu. » — Nahum 1.6

L’étang de feu est décrit comme « embrasé de feu et de soufre » (Apocalypse 19.20 ; 21.8).

Tourment conscient

L’enfer implique une pleine conscience et une perception claire de la souffrance. Le riche, dans l’hadès, était « en proie aux tourments » (Luc 16.23) ; il pouvait parler, se souvenir de sa vie passée et ressentir une douleur intense. Il s’écrie :

« Je souffre cruellement dans cette flamme. » — Luc 16.24

Apocalypse 14.10‑11 décrit ceux qui adorent la Bête :

« Il sera tourmenté dans le feu et le soufre,
devant les saints anges et devant l’Agneau.
Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles,
et ils n’ont de repos ni jour ni nuit. »

Il ne s’agit ni d’annihilation, ni d’un état d’inconscience, mais d’une souffrance éternelle et consciente.

Ténèbres du dehors

Jésus décrit à plusieurs reprises l’enfer comme les « ténèbres du dehors » (Matthieu 8.12 ; 22.13 ; 25.30). Ces ténèbres représentent l’exclusion de la présence de Dieu, qui est la source de toute lumière. Deuxième Épître de Pierre 2.17 et Jude 13 parlent des « ténèbres du dehors », « l’obscurité des ténèbres », réservées pour toujours aux méchants. Ces ténèbres coexistent avec le feu — des éléments à la fois littéraux et symboliques décrivant l’horreur multiforme de l’enfer.

Pleurs et grincements de dents

Jésus emploie cette expression de manière répétée (Matthieu 8.12 ; 13.42, 50 ; 22.13 ; 24.51 ; 25.30). Les pleurs indiquent une profonde tristesse, une angoisse et un remords extrêmes. Le grincement de dents suggère la rage, la frustration et une colère amère — contre soi-même, contre le péché, contre Satan, contre les occasions de salut rejetées.

Mémoire et regrets

L’enfer comprend aussi le tourment du souvenir. Abraham dit au riche :

« Souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie… » — Luc 16.25

Les damnés se souviendront des occasions précises où ils ont entendu l’Évangile et l’ont rejeté, des moments où des amis ou des membres de leur famille leur ont rendu témoignage, des instants où la conviction a touché leur cœur — mais ils ont refusé de se repentir. Cette angoisse mentale vient s’ajouter à la souffrance physique.

Séparation totale d’avec Dieu

Deuxième Épître aux Thessaloniciens 1.9 décrit l’enfer comme

« une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force. »

Bien que Dieu soit omniprésent, l’enfer représente une exclusion absolue de Sa miséricorde, de Sa grâce et de Sa bénédiction. Comme l’a fait remarquer C. S. Lewis, l’enfer, c’est Dieu disant finalement à ceux qui l’ont rejeté durant toute leur vie : « Que ta volonté soit faite. »

Le ver qui ne meurt point

Jésus reprend Ésaïe 66.24 en parlant d’un lieu

« où leur ver ne meurt point » — Marc 9.48

Cela peut désigner les morsures inlassables de la conscience et du remords qui agitent sans cesse la mémoire, ou bien la conscience perpétuelle des damnés qui, comme un ver immortel, persiste à jamais dans la corruption.

4. La durée de l’enfer : une réalité éternelle

Peut-être aucun aspect de la doctrine de l’enfer n’est-il plus contesté que sa nature éternelle. Pourtant l’Écriture ne laisse aucune ambiguïté à ce sujet.

Le sens de « éternel »

Le terme grec aiōnios (« éternel », « perpétuel ») est utilisé 71 fois dans le Nouveau Testament. Il décrit la nature éternelle de Dieu (Romains 16.26), la vie éternelle des croyants (Jean 3.16) et le châtiment éternel des méchants (Matthieu 25.46). Nier l’éternité du châtiment tout en affirmant l’éternité de la vie pour les croyants est exégétiquement incohérent : le même mot, dans le même contexte, doit avoir le même sens.

Jésus déclare clairement :

« Et ceux-ci iront au châtiment éternel,
mais les justes à la vie éternelle. » — Matthieu 25.46

Le parallélisme est indiscutable : si la vie est éternelle, le châtiment l’est aussi.

Aux siècles des siècles

Apocalypse 14.11 décrit le sort de ceux qui adorent la Bête :

« La fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles,
et ils n’ont de repos ni jour ni nuit. »

Apocalypse 20.10 affirme que le diable, la Bête et le Faux Prophète

« seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles »

dans l’étang de feu.

L’expression « aux siècles des siècles » (grec : eis tous aiōnas tōn aiōnōn) est employée pour décrire le trône éternel de Dieu (Hébreux 1.8), l’existence éternelle du Christ (Apocalypse 1.18) et le règne éternel des saints (Apocalypse 22.5). Si ces réalités sont véritablement éternelles, il en va de même pour le châtiment des méchants.

Pas de seconde chance après la mort

Hébreux 9.27 établit le caractère définitif de la mort :

« Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois,
après quoi vient le jugement. »

Il n’y a ni purgatoire, ni seconde opportunité, ni conversion après la mort. Le récit du riche et de Lazare le confirme :

« Entre nous et vous il a été fixé un grand abîme,
afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne le puissent. » — Luc 16.26

5. Qui va en enfer ?

L’Écriture identifie clairement ceux qui subiront le châtiment éternel.

Satan et les anges déchus

L’enfer fut d’abord « préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu 25.41). Il n’a pas été créé pour l’humanité, mais pour les êtres angéliques rebelles qui ont choisi de s’opposer à Dieu. Satan, la Bête et le Faux Prophète seront « tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles » dans l’étang de feu (Apocalypse 20.10).

Certains anges déchus sont déjà enfermés dans le tartare ou dans l’Abîme, en attendant le jugement final (2 Pierre 2.4 ; Jude 6). Tous les démons partageront finalement le même sort que Satan dans le feu éternel.

Tous ceux qui rejettent Christ

Jésus a déclaré :

« Celui qui ne croit pas est déjà jugé,
parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. » — Jean 3.18

Ceux qui meurent sans accepter le sacrifice expiatoire du Christ restent sous la colère de Dieu :

« Celui qui désobéit au Fils ne verra point la vie,
mais la colère de Dieu demeure sur lui. » — Jean 3.36

Paul écrit que ceux

« qui ne connaissent pas Dieu et qui n’obéissent pas à l’Évangile de notre Seigneur Jésus » — 2 Thessaloniciens 1.8

subiront

« une ruine éternelle, loin de la face du Seigneur et de la gloire de sa force. » — 2 Thessaloniciens 1.9

Apocalypse 21.8 énumère certains groupes en particulier :

« Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables,
les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs,
les idolâtres et tous les menteurs,
leur part sera dans l’étang ardent de feu et de soufre,
ce qui est la seconde mort. »

Sur la base du rejet, non de l’ignorance seule

Romains 1.18‑20 précise que toute l’humanité reçoit une révélation suffisante de Dieu, par la création et la conscience, pour être « sans excuse ». La colère de Dieu se révèle contre ceux qui « retiennent la vérité captive dans l’injustice ». Ceux qui n’ont jamais entendu l’Évangile ne sont pas jugés pour avoir rejeté un message qu’ils n’ont pas reçu, mais pour avoir rejeté la lumière qu’ils ont effectivement reçue et pour leur péché volontaire contre Dieu.

Cependant, l’Écriture ne laisse aucun fondement à l’idée que des païens sincères puissent être sauvés en dehors de Christ. Jésus a dit :

« Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » — Jean 14.6

Et Actes 4.12 affirme :

« Il n’y a de salut en aucun autre ;
car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes,
par lequel nous devions être sauvés. »

6. Les degrés de châtiment en enfer

Bien que tous ceux qui vont en enfer souffrent éternellement, l’Écriture indique qu’il existe des degrés de châtiment, en fonction de la connaissance reçue et des actes accomplis.

Selon la lumière reçue

Jésus annonce un jugement plus sévère contre les villes qui ont vu ses miracles mais ne se sont pas repenties :

« C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement,
Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous. » — Matthieu 11.22

Et à propos de Capernaüm :

« C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement,
le pays de Sodome sera traité moins rigoureusement que toi. » — Matthieu 11.24

Dans la parabole des serviteurs, Jésus enseigne :

« Le serviteur qui a connu la volonté de son maître,
et qui n’a rien préparé et n’a pas agi selon sa volonté,
recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne l’a pas connue,
et qui a fait des choses dignes de coups,
sera peu battu. » — Luc 12.47‑48

Selon les œuvres accomplies

Devant le grand trône blanc,

« des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert,
celui qui est le livre de vie.
Et les morts furent jugés selon leurs œuvres,
d’après ce qui était écrit dans ces livres. » — Apocalypse 20.12

Paul affirme que Dieu

« rendra à chacun selon ses œuvres. » — Romains 2.6

Il ne s’agit pas ici de suggérer que les œuvres sauvent qui que ce soit, mais que le degré du châtiment correspondra à l’ampleur de la méchanceté de chacun. Une plus grande connaissance implique une plus grande responsabilité ; des péchés particulièrement atroces entraînent un châtiment plus sévère que des transgressions moindres.

7. Fausses conceptions de l’enfer réfutées

Au cours de l’histoire de l’Église, diverses erreurs ont tenté d’adoucir ou de nier la doctrine biblique de l’enfer.

Universalisme

L’universalisme enseigne que tous les hommes seront finalement sauvés. Ses partisans citent des versets comme Jean 12.32 (« J’attirerai tous les hommes à moi ») et 1 Timothée 2.4 (« Dieu veut que tous les hommes soient sauvés »). Cependant, ces versets expriment la volonté salvatrice de Dieu et la portée de l’offre de salut, non une garantie de salut universel.

Les paroles mêmes de Jésus réfutent l’universalisme :

« Et ceux-ci iront au châtiment éternel,
mais les justes à la vie éternelle. » — Matthieu 25.46

Il avertit que la route qui mène à la perdition est large et que

« nombreux sont ceux qui entrent par là. » — Matthieu 7.13

Si tous étaient finalement sauvés, les avertissements répétés du Christ concernant l’enfer seraient vides de sens et même trompeurs.

Annihilationnisme (immortalité conditionnelle)

Cette position affirme que les méchants cesseront finalement d’exister plutôt que de souffrir éternellement. Les annihilationnistes soutiennent que « éternel » décrirait la permanence de la destruction, et non la durée de la souffrance.

Pourtant, Apocalypse 14.11 déclare explicitement :

« La fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles,
et ils n’ont de repos ni jour ni nuit. »

Le fait de « ne pas avoir de repos » implique une conscience continue. De plus, si le « châtiment éternel » de Matthieu 25.46 signifiait un châtiment temporaire suivi de l’annihilation, alors la « vie éternelle » devrait signifier une vie temporaire suivie de l’extinction — une interprétation impossible.

Le langage biblique décrit constamment un tourment continu et conscient. Jésus parle d’un lieu

« où leur ver ne meurt point,
et où le feu ne s’éteint point » — Marc 9.48

— une souffrance continue, non un moment bref suivi de l’extinction.

Purgatoire

La théologie catholique romaine enseigne le purgatoire comme un état intermédiaire où les chrétiens subiraient une purification avant d’entrer au ciel. Toutefois, cette doctrine ne trouve aucun appui dans la Bible. Hébreux 9.27 déclare :

« Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois,
après quoi vient le jugement »

— et non la mort, le purgatoire, puis le jugement.

En outre, le sacrifice du Christ est complet :

« Par une seule offrande il a amené à la perfection pour toujours
ceux qui sont sanctifiés. » — Hébreux 10.14

Aucune purification supplémentaire n’est nécessaire. Le brigand repentant sur la croix est allé immédiatement au paradis avec Jésus (Luc 23.43), et non dans un purgatoire.

8. La justice et la nécessité de l’enfer

Beaucoup s’opposent à l’idée de l’enfer, la jugeant incompatible avec l’amour de Dieu. Pourtant, l’enfer manifeste à la fois la justice de Dieu et la gravité du péché.

Une offense infinie requiert un châtiment infini

Le péché n’est pas simplement une offense finie contre des êtres finis ; c’est une rébellion contre un Dieu infiniment saint. La gravité d’un crime se mesure à la dignité de la personne offensée. Puisque Dieu est infini dans sa sainteté et sa valeur, le péché contre lui mérite un châtiment infini.

Comme l’a argumenté Jonathan Edwards, plus le jugement est terrible et redoutable, plus la justice de Dieu se manifeste avec éclat. L’enfer justifie et vindique la majesté de Dieu que les méchants ont refusé d’honorer durant leur vie.

Dieu n’envoie pas les hommes en enfer à contrecœur

C. S. Lewis a observé que les pécheurs passent leur vie à dire à Dieu : « Va-t’en, laisse-moi tranquille. » L’enfer, c’est Dieu qui, finalement, dit : « Que ta volonté soit faite. » Les hommes choisissent l’enfer en rejetant Christ. Dieu fournit tout ce qui est nécessaire pour l’échapper par la mort de Christ à la croix. Il

« use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse,
mais voulant que tous arrivent à la repentance. » — 2 Pierre 3.9

L’enfer a été « préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu 25.41), non pour les hommes. Mais ceux qui s’allient à Satan par leur incrédulité partagent sa destinée. Dieu ne force personne à aller en enfer ; les hommes le choisissent en rejetant son offre gracieuse de salut.

L’enfer préserve le ciel

Sans une séparation éternelle entre le mal et le bien, il ne pourrait y avoir de ciel éternel. Le mal est contagieux et doit être mis à l’écart. Jésus enseigne qu’à la fin, l’ivraie doit être séparée du bon grain (Matthieu 13.24‑30), faute de quoi l’ivraie étoufferait le blé. L’enfer préserve la pureté et la joie du ciel en ôtant définitivement toute méchanceté.

9. Implications pratiques

La doctrine de l’enfer entraîne des implications profondes pour notre manière de vivre.

L’urgence de l’évangélisation

Si l’enfer est réel et éternel, alors la Grande Commission prend un caractère d’urgence extrême. La passion de Paul pour atteindre ceux qui n’avaient jamais entendu l’Évangile (Romains 15.20) et le martyre des apôtres ne se comprennent pleinement que si les perdus font réellement face à un châtiment éternel. La réalité de l’enfer devrait nous pousser à « persuader les hommes » (2 Corinthiens 5.11) et à annoncer l’Évangile avec urgence.

Reconnaissance pour le salut

Comprendre l’enfer magnifie l’émerveillement devant le salut. Nous méritions un châtiment éternel, mais Dieu a pourvu un moyen d’échapper à cette condamnation par la mort substitutive de Christ. La croix révèle à la fois l’horreur du péché (qui exige un tel sacrifice) et la grandeur de l’amour de Dieu (qui donne un tel Sauveur).

La gravité du péché

L’enfer montre à quel point Dieu considère le péché comme grave. Nous avons tendance à traiter le péché à la légère, mais la sainteté de Dieu exige une justice parfaite. L’enfer démontre que chaque péché, si « petit » soit-il aux yeux des hommes, est une offense contre une sainteté infinie et mérite le jugement.

Motivation pour une vie sainte

Jésus utilise la réalité de l’enfer pour motiver à une sainteté radicale :

« Et si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le ;
il vaut mieux pour toi entrer dans le royaume de Dieu avec un seul œil,
que d’avoir deux yeux, et d’être jeté dans la géhenne. » — Marc 9.47

La réalité des conséquences éternelles doit nous pousser à poursuivre la justice et à fuir le péché.

10. Conclusion

L’enfer est la doctrine la plus solennelle de l’Écriture — un lieu de châtiment éternel, conscient, dans le feu, où les méchants souffrent dans une séparation totale de la miséricorde et de la bénédiction de Dieu. Il a été préparé pour Satan et ses anges déchus, mais tous ceux qui rejettent le salut en Jésus-Christ partageront ce sort effroyable.

La doctrine de l’enfer n’est pas un mythe cruel, mais une vérité révélée dans la Parole de Dieu. Jésus lui-même en a parlé plus que quiconque, utilisant le langage le plus vif possible pour avertir les hommes de son horreur. Les apôtres l’ont affirmée, et l’Apocalypse la décrit en détail.

L’enfer manifeste la justice parfaite de Dieu, la gravité infinie du péché contre un Dieu infiniment saint et la nécessité du sacrifice expiatoire de Christ. Il révèle aussi la miséricorde de Dieu — qui a fait tout ce qui était possible, sans violer la liberté humaine, pour offrir le salut en son Fils.

L’existence de l’enfer rend l’Évangile à la fois urgent et précieux. Ceux qui se confient en Christ ne verront jamais ce lieu de tourment, car Jésus a porté à leur place la colère de Dieu. Mais ceux qui rejettent Christ n’ont plus

« qu’une attente terrible du jugement et l’ardeur d’un feu qui dévorera les rebelles. » — Hébreux 10.26‑27

La chose la plus aimante que nous puissions faire est d’avertir les hommes à propos de l’enfer et de les conduire vers le seul moyen d’y échapper : Jésus-Christ, qui a dit :

« Je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort. » — Jean 11.25

L’enfer est réel, mais l’offre de salut de Dieu l’est tout autant pour tous ceux qui croient.

FAQ

Q : Comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer ?

Dieu n’envoie pas arbitrairement les gens en enfer : ils y vont parce qu’ils rejettent son offre de salut. Dieu a pourvu à tout ce qui est nécessaire pour l’échappatoire à travers la mort de Christ à la croix. Il

« veut que tous les hommes soient sauvés » — 1 Timothée 2.4

et

« use de patience, ne voulant pas qu’aucun périsse,
mais voulant que tous arrivent à la repentance. » — 2 Pierre 3.9

L’enfer a été originellement préparé pour Satan et les anges déchus (Matthieu 25.41). Ceux qui s’y retrouvent le doivent au fait qu’ils ont choisi la rébellion contre Dieu plutôt que son offre gracieuse de pardon. L’enfer est Dieu qui, finalement, dit « que ta volonté soit faite » à ceux qui ont passé leur vie à le rejeter.

Q : Les gens souffriront-ils réellement consciemment pour toujours en enfer ?

Oui. L’Écriture décrit constamment la souffrance éternelle et consciente en enfer. Jésus parle d’un lieu

« où leur ver ne meurt point,
et où le feu ne s’éteint point » — Marc 9.48

Apocalypse 14.11 déclare :

« La fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles,
et ils n’ont de repos ni jour ni nuit. »

Le riche de Luc 16 était pleinement conscient, capable de parler, de se souvenir et de ressentir une douleur intense. Le même mot grec (aiōnios) est utilisé pour la « vie éternelle » et pour le « châtiment éternel » (Matthieu 25.46) : si la vie est véritablement éternelle, le châtiment l’est tout autant.

Q : Les personnes en enfer pourront-elles un jour en sortir ou obtenir une seconde chance ?

Non. Hébreux 9.27 déclare :

« Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois,
après quoi vient le jugement. »

Dans Luc 16.26, Abraham dit au riche :

« Entre nous et vous il a été fixé un grand abîme,
afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne le puissent. »

La mort fixe définitivement la destinée éternelle de chacun. Il n’y a ni purgatoire, ni seconde chance, ni possibilité de conversion après la mort. Le moment de répondre à l’Évangile, c’est dans cette vie (2 Corinthiens 6.2).

Q : Qu’en est-il de ceux qui n’ont jamais entendu parler de Jésus ?

Romains 1.18‑20 enseigne que tous les hommes reçoivent, par la création et par leur conscience, une révélation suffisante de l’existence de Dieu et de leur responsabilité envers lui, de sorte qu’ils sont « sans excuse ». Les hommes sont jugés selon la lumière qu’ils ont reçue. Cependant, l’Écriture n’offre aucun espoir de salut hors de Christ : il a dit :

« Nul ne vient au Père que par moi. » — Jean 14.6

et Actes 4.12 déclare :

« Il n’y a de salut en aucun autre. »

Cela rend l’évangélisation et les missions d’une importance cruciale, car les hommes sont perdus sans le message de l’Évangile.

Q : Tous les gens en enfer subiront-ils le même degré de châtiment ?

Non. L’Écriture indique des degrés de châtiment, en fonction de la connaissance et des œuvres. Jésus dit qu’au jour du jugement, Sodome sera traitée « moins rigoureusement » que Capernaüm (Matthieu 11.24). Il enseigne que le serviteur qui connaît la volonté de son maître et ne l’accomplit pas recevra « un grand nombre de coups », tandis que celui qui ne la connaît pas et fait des choses dignes de coups en recevra « peu » (Luc 12.47‑48). Au grand trône blanc, les hommes sont jugés « selon leurs œuvres » (Apocalypse 20.12). Si tous en enfer souffrent éternellement, l’intensité du châtiment correspond à l’ampleur de leur péché et à la lumière qu’ils ont rejetée.

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Questions Fréquentes

Q : Comment un Dieu d’amour peut-il envoyer des gens en enfer?
Dieu n’envoie pas arbitrairement les gens en enfer : ils y vont parce qu’ils rejettent son offre de salut. Dieu a pourvu à tout ce qui est nécessaire pour l’échappatoire à travers la mort de Christ à la croix. Il > « veut que tous les hommes soient sauvés » > — 1 Timothée 2.4 et > « use de patience, ne voulant pas qu’aucun périsse, > mais voulant que tous arrivent à la repentance. » > — 2 Pierre 3.9 L’enfer a été originellement préparé pour Satan et les anges déchus (Matthieu 25.41). Ceux qui s’y retrouvent le doivent au fait qu’ils ont choisi la rébellion contre Dieu plutôt que son offre gracieuse de pardon. L’enfer est Dieu qui, finalement, dit « que ta volonté soit faite » à ceux qui ont passé leur vie à le rejeter.
Q : Les gens souffriront-ils réellement consciemment pour toujours en enfer?
Oui. L’Écriture décrit constamment la souffrance éternelle et consciente en enfer. Jésus parle d’un lieu > « où leur ver ne meurt point, > et où le feu ne s’éteint point » > — Marc 9.48 Apocalypse 14.11 déclare : > « La fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles, > et ils n’ont de repos ni jour ni nuit. » Le riche de Luc 16 était pleinement conscient, capable de parler, de se souvenir et de ressentir une douleur intense. Le même mot grec (*aiōnios*) est utilisé pour la « vie éternelle » et pour le « châtiment éternel » (Matthieu 25.46) : si la vie est véritablement éternelle, le châtiment l’est tout autant.
Q : Les personnes en enfer pourront-elles un jour en sortir ou obtenir une seconde chance?
Non. Hébreux 9.27 déclare : > « Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, > après quoi vient le jugement. » Dans Luc 16.26, Abraham dit au riche : > « Entre nous et vous il a été fixé un grand abîme, > afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne le puissent. » La mort fixe définitivement la destinée éternelle de chacun. Il n’y a ni purgatoire, ni seconde chance, ni possibilité de conversion après la mort. Le moment de répondre à l’Évangile, c’est dans cette vie (2 Corinthiens 6.2).
Q : Qu’en est-il de ceux qui n’ont jamais entendu parler de Jésus?
Romains 1.18‑20 enseigne que tous les hommes reçoivent, par la création et par leur conscience, une révélation suffisante de l’existence de Dieu et de leur responsabilité envers lui, de sorte qu’ils sont « sans excuse ». Les hommes sont jugés selon la lumière qu’ils ont reçue. Cependant, l’Écriture n’offre aucun espoir de salut hors de Christ : il a dit : > « Nul ne vient au Père que par moi. » > — Jean 14.6 et Actes 4.12 déclare : > « Il n’y a de salut en aucun autre. » Cela rend l’évangélisation et les missions d’une importance cruciale, car les hommes sont perdus sans le message de l’Évangile.
Q : Tous les gens en enfer subiront-ils le même degré de châtiment?
Non. L’Écriture indique des degrés de châtiment, en fonction de la connaissance et des œuvres. Jésus dit qu’au jour du jugement, Sodome sera traitée « moins rigoureusement » que Capernaüm (Matthieu 11.24). Il enseigne que le serviteur qui connaît la volonté de son maître et ne l’accomplit pas recevra « un grand nombre de coups », tandis que celui qui ne la connaît pas et fait des choses dignes de coups en recevra « peu » (Luc 12.47‑48). Au grand trône blanc, les hommes sont jugés « selon leurs œuvres » (Apocalypse 20.12). Si tous en enfer souffrent éternellement, l’intensité du châtiment correspond à l’ampleur de leur péché et à la lumière qu’ils ont rejetée.

L. A. C.

Théologien spécialisé en eschatologie, engagé à aider les croyants à comprendre la Parole prophétique de Dieu.

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